Design for life : réduire les émissions carbone sur le lieu de travail

 

Un bureau durable qui minimise son impact sur la planète offre d’immenses avantages pour les entreprises et les employés. Une démarche qui s’inscrit dès la phase de design.

Tandis que les pays s’efforcent d’atteindre leurs objectifs de réduction des émissions carbone, de plus en plus d’entreprises s’emploient elles aussi à atteindre le « zéro carbone ». Un lieu de travail à faible émission de carbone et respectueux de l’environnement devient alors une priorité commerciale vitale.

Selon le Pacte Mondial des Nations Unies, les entreprises qui intègrent la conscience climatique dans leurs activités pourraient accroître leurs ventes de 20% et réduire leur turnover de 50% (Business Leadership Brief for Healthy Planet, Healthy People).

En effet, les pratiques respectueuses de l’environnement sont de plus en plus valorisées par les consommateurs et les investisseurs. Du côté des employés, il a été démontré que les espaces de travail durables améliorent leur bien-être et augmentent leur productivité.

Si l’impact carbone global dépend principalement des caractéristiques techniques du bâtiment, un aménagement intérieur à faible émission carbone améliore lui aussi considérablement l’impact environnemental d’un bureau dans la durée. Cela passe, non seulement, par le recyclage des matériaux pendant la phase d’aménagement, à travers une conception basse consommation mais aussi par l’utilisation de mobilier et de matériaux provenant de sources locales et durables.

Selon Silvia Aranda, Design Operations Director EMEA chez Tétris, « les aménagements durables permettent de créer des espaces beaux et fonctionnels tout en minimisant l’impact environnemental des activités. Avec les engagements pris par les pays et les entreprises, cette approche se normalise et devient plus abordable pour tout un chacun. »

 

Un design basse consommation

L’aménagement intérieur pensé pour Interface (pionnier des revêtements de sol neutres en carbone) reflète ses objectifs et sa philosophie d’entreprise. Son design est centré sur la biophilie, au moyen de murs végétaux qui filtrent l’air et réduisent l’énergie requise pour l’éclairage et la ventilation. Priorité est également donnée à la lumière naturelle avec des cloisons en verre mobiles qui la diffusent au sein de tout l’espace.

Interface offices in Paris, France
Les bureaux d’Interface à Paris, France

« L’efficacité énergétique, grâce à la diffusion de la lumière du jour ou à des systèmes basse consommation, est un facteur clé dans une conception de bureaux zéro carbone », selon Silvia Aranda.

Une conception qui intègre le bien-être des salariés et la fonctionnalité des espaces est également susceptible de réduire les émissions carbone, à l’image des bureaux parisiens d’Interface, qui ont reçu la certification WELL Gold, basée sur 7 indicateurs de bien-être au travail.

Par exemple, sur les grands plateaux, les bureaux seront positionnés en premier jour, en bordure de façade, afin de maximiser la lumière du jour pour tout le personnel et réduire le besoin d’éclairage artificiel. A l’inverse, dans les pays chauds, pour réduire la dépendance à la climatisation, les bureaux peuvent être placés plus loin des façades, et des traitements de fenêtre peuvent être appliqués pour réduire la chaleur et l’éblouissement.

Plus généralement, des LEDs basse consommation associées à des commutateurs et capteurs de mouvements, optimisent la consommation d’électricité.

 

Consommer moins et plus local

L’achat de matériaux recyclés ou récupérés qui minimisent la consommation de ressources est tout aussi crucial dans une conception à faible émission de carbone.

Dans le cas des bureaux de JLL à Manchester, des capteurs analysent l’air ambiant dans les bureaux pour optimiser la consommation d’énergie tandis que l’utilisation de matériaux recyclés pour l’aménagement permet de réduire les émissions carbone et limite la quantité de déchets. Les plans de travail de cuisine et de réception sont faits en pots de yaourt recyclés, tandis que les revêtements de sol et de plafond sont en plastique recyclé. Plutôt que de racheter des chaises, la rénovation des anciens sièges a permis de réduire les émissions carbone de 61% et la consommation d’eau de 75%.

JLL offices in Manchester, UK
Les bureaux de JLL à Manchester, Royaume-Uni

« La réutilisation des matériaux permet d’éviter de produire des déchets inutiles. Lorsque le client a déjà de bons meubles, ils peuvent être inclus dans leurs nouveaux designs », déclare Joanna Gajewska-Sokołowska, EMEA Deputy Chief Operating Officer chez Tétris.

Pour s’inscrire dans une démarche durable, certains fournisseurs rationalisent le processus d’approvisionnement en matériaux, utilisent des matériaux à faible impact environnemental et travaillent avec des fournisseurs locaux, note Joanna Gajewska-Sokołowska. Ceci a pour effet de réduire les émissions induites par le transport, mais peut aussi avoir un impact positif sur l’économie locale.

A Amsterdam, les bureaux d’InteriorWorks sont entièrement équipés de matériaux récupérés. De la menuiserie aux cloisons en verre et bois, certains éléments proviennent du quartier industriel, d’autres d’un rayon de 100 kilomètres. Un jardin potager contribue à la restauration des collaborateurs et, partout dans les locaux, les arbres et la verdure maintiennent la qualité de l’air et constituent comme un parc dans l’espace de travail.

Interiorworks office in Amsterdam, The Netherlands
Les bureaux d’Interiorworks à Amsterdam, Pays-Bas, Crédits photo : Rick Geenjaar

« Un design zéro carbone intègre autant que possible le paysage extérieur à l’intérieur des espaces de travail en utilisant des matériaux naturels qui préservent la terre et la culture locale », explique Silvia Aranda.

 

Dites non aux déchets !

A mesure que les entreprises investissent dans l’économie circulaire, la gamme de meubles et de finitions zéro ou bas déchets s’élargit. Leur production est faite à partir de matériaux usagés ce qui limite les déchets lorsque les entreprises réaménagent leurs locaux ou quand le mobilier devient obsolète.

Les revêtements de sol d’Interface, par exemple, peuvent être retournés au fabricant à la fin d’un cycle de vie pour être recyclé en de nouveaux produits. La société de meubles Steelcase, quant à elle, utilise des chutes de tissu provenant de ses ateliers pour fabriquer des tissus d’ameublement. Bon nombre de ses pièces contiennent jusqu’à 95% de contenu recyclable.

« Lorsque vous concevez un lieu de travail en tenant compte de la circularité, vous êtes plus susceptible d’utiliser moins, de mesurer exactement ce dont vous avez besoin et de réduire les déchets. Un projet zéro déchet devrait être le but ultime. » déclare Joanna Gajewska-Sokołowska.

 

Le processus zéro déchet

La création d’un lieu de travail zéro carbone commence bien avant que quiconque ne franchisse les portes du bureau.

« Vous ne pouvez pas atteindre le zéro carbone après coup. Cela doit être un prérequis qui guide chaque décision de conception et de construction », déclare Silvia Aranda.

Un modèle unique ne convient pas non plus à toutes les entreprises, fait-elle remarquer. Les stratégies visant à réduire les émissions d’un aménagement sont propres à chaque espace et à l’activité de son locataire.

« Le résultat final est un espace fonctionnel, accessible et design conçu spécifiquement pour réduire les coûts de maintenance et d’exploitation, et pour répondre aux objectifs du client », déclare Silvia Aranda. « De cette façon, nous créons des espaces holistiques inspirants, différenciants et surtout pérennes pour les générations à venir. »

 

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Comment les matériaux naturels s’enracinent sur le lieu de travail

Des murs d’habitation aux sols en pierre, les matériaux naturels sont de plus en plus utilisés sur le lieu de travail. 

De plus en plus d’entreprises cherchent à apporter des touches de nature sur le lieu de travail, non seulement par l’installation de plantes dans les zones de circulation mais aussi en intégrant davantage de bois, de pierre et d’ardoise dans la conception globale de leurs bureaux.  

Il ne s’agit pas seulement d’une question d’esthétique pour épater les visiteurs dans le hall d’entrée d’un immeuble. L’utilisation de matériaux naturels est de plus en plus liée à la prise en compte de considérations écologiques ou pour répondre à des objectifs de développement durable sur l’ensemble du lieu de travail, en utilisant, par exemple, des tables en bois pour les bureaux ou des tonnelles intérieures dans les zones de détente.

La société de télécommunications Moneypenny et les bureaux londoniens de la société de voyage de luxe Jacada Travel ont tous deux largement utilisé le bois dans leurs nouveaux lieux de travail.

« L’utilisation de matériaux naturels est souvent associée à la prise en compte d’objectifs de durabilité et au renforcement des valeurs de l’entreprise auprès des employés et des visiteurs », explique Gordon Byrne, responsable du design chez Tétris UK. « Nous voyons les entreprises devenir plus innovantes dans l’utilisation des matériaux et l’aménagement des lieux de travail, car elles cherchent à créer des espaces uniques qui reflètent leurs valeurs ».

 

Un environnement naturel pour booster les salariés

Il est prouvé que passer du temps dans la nature a un impact positif sur la santé et le bien-être, notamment en réduisant le niveau de stress et la pression artérielle, sans parler de l’effet psychologique.

« Et bien qu’il y ait une grande différence entre une promenade dans un parc par une journée ensoleillée et le travail dans un bureau avec des planchers en bois, l’intégration d’une lumière naturelle et d’une végétation abondante peut rendre l’environnement de travail plus agréable, ce qui favorise la productivité et le bien-être », explique Beth Ambrose, Directrice services RSE amont chez JLL.

« Comme de plus en plus d’entreprises donnent la priorité à la santé et au bien-être de leur personnel, un design biophile n’est plus un domaine de niche », explique-t-elle. « Des espaces légers, aérés, remplis de plantes et reposants figurent parmi les attributs les plus importants d’un bâtiment sain, et peuvent contribuer à atténuer le stress et le niveau d’anxiété des employés ».

En effet, des petits arbustes dans les salles de réunion aux jardinières suspendues dans les zones de détente, il est rare de trouver des bureaux modernes sans une certaine forme de verdure.

Les murs végétalisés, en particulier, sont un élément de plus en plus populaire sur le lieu de travail, notamment dans les nouveaux bureaux de JLL à Manchester. Au-delà de leur caractère esthétique, ces surfaces aident à maintenir une bonne qualité de l’air et à améliorer les taux d’humidité, note Beth Ambrose.

Ces éléments doivent néanmoins s’intégrer au design et l’ambiance générale du bureau.    

« Il est important d’adopter une approche intégrée et intelligemment conçue du bien-être », déclare Gordon Byrne.  » Lorsqu’une entreprise a simplement appliqué un vernis de façade en multipliant les gadgets ou en copiant ce qu’elle a vu ailleurs sans vraiment y réfléchir de manière globale, on s’en aperçoit immédiatement ».

Les murs et les plafonds végétaux sont un élément clé du bureau de Toyota Connected EU à Londres, conçu et construit par Tétris UK

 

Un investissement durable

Bien que de plus en plus d’entreprises désirent utiliser des matériaux naturels, le coût peut être un frein. Les murs végétaux, par exemple, nécessitent des travaux importants de plomberie pour permettre le drainage.

« Un mur végétal ajoute certainement du caractère à une pièce mais représente un investissement important. Lorsque les budgets sont sous pression, de tels éléments sont plus difficiles à mettre en œuvre à grande échelle ou de manière intégrée », explique Gordon Byrne.

 

Cependant, les matériaux naturels présentent un avantage de taille : leur durabilité, qui peut les différencier de produits moins chers pour les entreprises qui s’inscrivent dans une conception à long terme. De plus, comme le souligne Gordon Byrne : « Les avantages en termes de productivité, de santé et de bien-être des employés valent le coût supplémentaire et créeront un lieu de travail plus attrayant ».

 

Adopter un design plus naturel

La manière dont de nombreuses entreprises abordent l’aménagement de leur lieu de travail a considérablement changé ces dernières années. L’accent est mis sur des espaces flexibles et ouverts qui encouragent l’interaction. On prend davantage en compte les besoins et les préférences des employés. L’utilisation de matériaux naturels joue un rôle à cet égard.

« Les gens veulent des lieux de travail dynamiques avec lesquels ils se sentent connectés, mais ils veulent également des espaces de qualité pour faire leur travail », déclare Gordon Byrne. « On constate une approche plus organique de l’aménagement des zones d’accueil qui peuvent même être immergées dans la flore et la faune. C’est le cas de OakNorth Bank qui a ainsi installé de la mousse dans les structures de plafond « .

Plafonds en mousse à Oak North, conçus et construits par Tétris UK

Gordon Byrne estime que de plus en plus d’entreprises intégreront des éléments naturels sur le lieu de travail dans les années à venir, d’autant plus que les conséquences de la pandémie Covid-19 attirent davantage l’attention sur la santé et le bien-être, et sur la qualité de l’air en particulier.

« Les choses ont bien évolué depuis le simple remplacement de meubles en MDF par du contreplaqué », conclut Gordon Byrne. « Soutenu par l’attention accrue des entreprises sur la durabilité et le bien-être des employés, l’intérêt pour les matériaux naturels continuera de croître ».

 

Pourquoi un lieu de travail durable et écologique est un facteur de bien-être

 

Pour les entreprises soucieuses de l’environnement, l’aménagement est une composante fondamentale d’un bureau plus écologique.

Dans les bureaux de Los Angeles du cabinet d’architecture Cuningham Group, la lumière naturelle pénètre par quatre lucarnes et des murs de verre toute hauteur, tandis que des bouches d’aération discrètes gèrent le flux d’air frais. Les bureaux individuels sont installés dans des containers maritimes recyclés, organisés autour d’un jardin intérieur qui filtre l’air et agrémente l’espace de travail d’une verdure positive pour le moral des employés.

« Le développement durable dans les bureaux a progressé à pas de géant au cours des cinq ou dix dernières années. Les designs susceptibles d’améliorer les performances environnementales d’une entreprise figurent en tête de liste des souhaits de tous les clients », déclare Stuart Finnie, Responsable du design chez Tétris.

 

Pour une entreprise respectueuse de l’environnement – et des employés

Les pratiques écologiques les plus répandues comprennent la sélection de lampes et d’équipements de bureau à faible consommation d’énergie, ainsi que de revêtements de sol et de murs provenant de sources durables, comme le bois de récupération ou les matériaux de construction recyclés.

La pollution de l’air intérieur étant une préoccupation croissante, le design d’intérieur écologique est également de plus en plus axé sur l’amélioration de la qualité de l’air sur le lieu de travail, par exemple avec des meubles écologiques qui n’émettent pas de composés organiques volatils (COV) polluants, et des jardins intérieurs ou des murs végétaux qui peuvent assainir l’air.

« Un lieu de travail durable est tout autant une question d’expérience pour l’utilisateur que de respect de l’environnement, et le design d’intérieur écologiques présente d’énormes avantages pour le bien-être des employés », explique Stuart Finnie.

De plus en plus d’entreprises se rendent compte que les deux vont de pair. Au Canada, Manitoba Hydro Place dispose de deux atriums – l’un de trois étages, l’autre de six étages – qui font office de système de ventilation passif, réduisant ainsi au minimum le besoin de climatisation. Les hauts plafonds augmentent la lumière naturelle du jour et stimulent la créativité des employés – tout en réduisant les besoins en éclairage – tandis qu’un jardin orienté vers le sud maximise la lumière du soleil en hiver et ses bienfaits pour la santé mentale.

« Les principes de base sont de fournir un accès à la lumière du jour et une ventilation naturelle partout où c’est possible », explique Stuart Finnie.

Il a été démontré que la lumière et la ventilation naturelles améliorent la santé et le bien-être des employés, ainsi que leurs performances. Lorsque les employés ne peuvent pas travailler à côté d’une fenêtre, des caractéristiques de conception telles que l’éclairage circadien qui imite la lumière du soleil peuvent offrir des avantages similaires. « Les designs qui donnent l’impression d’être en extérieur, telles que des bandes sonores ambiantes ou l’imagerie numérique du plafond à ciel ouvert, ont aussi des avantages pour la productivité et le bien-être », note Stuart Finnie.

 

La technologie au service du développement durable

L’impact d’un design d’intérieur plus écologique est peut-être plus visible lorsqu’elle est associée au smart building.

« La technologie peut impacter considérablement le design d’intérieur pour trouver des gains d’efficacité et améliorer l’expérience de travail pour ses utilisateurs », explique Stuart Finnie.

Dans l’immeuble The Edge Amsterdam, bureau pionnier de Deloitte en matière de développement durable, 30 000 capteurs mesurent l’occupation, l’éclairage, l’humidité et la température. Ils éteignent automatiquement les lumières lorsqu’une pièce est vide et personnalisent le lieu de travail en fonction des besoins et préférences individuels des employés. Le campus de Microsoft à Redmond dispose d’un système Smart Building qui analyse 50 000 équipements pour optimiser l’utilisation de l’énergie. Des capteurs détectent la capacité globale du campus afin de diriger le flux de personnes de manière à ce que les ressources inutiles puissent être éteintes, ce qui améliore l’efficacité énergétique.

Pour les entreprises, l’écologisation des bureaux ne présente pas seulement des avantages mesurables en termes de productivité des employés et de rentabilité de la consommation d’énergie. « Un espace de travail conçu de manière durable est un moyen d’attirer et de retenir les meilleurs talents. Il envoie le message que l’entreprise se soucie de ses employés en tant que personnes, et non pas seulement en tant que travailleurs », déclare Stuart Finnie. En effet, les recherches montrent que les personnes travaillant dans des bureaux avec un éclairage naturel bénéficient d’une meilleure qualité de sommeil et sont plus actives que celles qui passent leurs journées dans des pièces plus sombres.

Certaines entreprises pensent même au-delà des personnes, à des caractéristiques du lieu de travail qui protègent la faune locale. PriceWaterhouseCooper a réaménagé son siège londonien pour obtenir la meilleure note au monde en matière de durabilité, en conservant plus de 13 000 mètres carrés de toiture pour que les espèces d’oiseaux menacées et protégées puissent s’y nourrir et y nicher. De son côté, le bureau de Geelen Counterflow à Amsterdam dispose d’un jardin avec des sites de nidification pour les oiseaux, les insectes, les chauves-souris et les amphibiens.

« Aujourd’hui, la population est plus que jamais sensibilisée aux questions d’environnement et de bien-être. Les entreprises en sont de plus en plus conscientes et nous voyons maintenant le Design d’intérieur durable ouvrir la voie à une conception respectueuse de l’environnement en général », explique Stuart Finnie. « À mesure que les technologies intelligentes se généralisent, la manière dont les lieux de travail sont conçus et exploités ne fera que devenir plus écologique ».

 

L’écologie au service de l’aménagement des bureaux

 

Pour de nombreuse entreprise, adopter une démarche développement durable ne se limite plus à installer des poubelles de recyclage et à limiter les impressions.

Les entreprises étant de plus en plus attentives à leur propre empreinte écologique, elles s’intéressent de plus près à la manière dont leur décoration intérieure et leurs pratiques commerciales internes peuvent davantage soutenir leurs engagements RSE et contribuer à l’élimination des déchets.

L’aménagement de nouveaux bureaux ou la rénovation de bureaux existants sont souvent des occasions privilégiées de renforcer la crédibilité d’une entreprise auprès de ses employés et de ses clients en matière d’écologie, explique Stuart Finnie, responsable du design chez Tétris UK.

« De nombreuses entreprises connaissent également la valeur d’un lieu de travail bien conçu et moderne pour attirer et retenir les talents », dit-il. « Pourtant, chaque fois qu’une entreprise aménage ou réaménage ses bureaux, elle augmente son empreinte carbone. La question est donc de savoir comment elles peuvent le faire de manière plus durable ».

Lors des rénovations, la réutilisation ou le recyclage d’objets tels que les panneaux de verre et des tapis d’ordinateurs et les bureaux, est de plus en plus populaire. Lorsque le London Waste and Recycling Board (LWARB) a installé ses nouveaux bureaux à Shoreditch à Londres, par exemple, il a conservé et réutilisé les stores, les tapis, les armoires de cuisine et le câblage du réseau informatique.

D’autres entreprises étudient également les façons de réutiliser le mobilier existant pour réduire à la fois l’empreinte carbone et les coûts de rénovation des bureaux. Dans le cadre d’un projet mené dans les bureaux de First Mile à Londres, une entreprise de recyclage, 86 % des meubles ont été réutilisés ou recyclés et les revêtements de sol existants ont été réutilisés dans la mesure du possible.

Il existe des incitations financières à cet effet. Au Royaume-Uni, les déchets de bureau coûtent aux entreprises 15 milliards de livres par an, selon Business in the Community, le réseau d’entreprises responsables du Prince de Galles.

Les refontes écologiques sont liées à l’intérêt croissant pour l’économie circulaire, qui vise à maintenir les matériaux et les produits en usage le plus longtemps possible, puis à les recycler ou à les remodeler à la fin de leur cycle de vie.

Aleksandra Smith-Kozlowska, Consultante Bureau Durable chez JLL UK, affirme que l’utilisation de principes circulaires ne se limite pas à la réduction des déchets : « Il s’agit de comprendre quelles sont les ressources que vous possédez actuellement et comment vous pouvez en maximiser la valeur, soit en les réutilisant pour réaliser des économies, soit en les revendant. »

« Pourquoi ne pas concevoir les bâtiments de manière à ce que les plaques de plâtre, les dalles de plafond, le verre, le bois, les ordinateurs et les plastiques puissent être facilement enlevés et réutilisés ou recyclés dans la fabrication de nouveaux produits ? »

 

Une nouvelle génération de produits recyclés

Le progrès technologique est un accélérateur de développement d’un marché du mobilier et de l’ameublement de bureau plus innovant et plus respectueux de l’environnement.

Selon Stuart Finnie, les fabricants s’approprient de plus en plus l’espace du mobilier durable dans un contexte de demande croissante des entreprises, qui non seulement réécrivent leurs propres politiques environnementales, mais attendent de leurs fournisseurs qu’ils améliorent également leur propre empreinte carbone.

« Le changement le plus important concerne la manière dont les produits sont développés », dit-il. « Les entreprises n’ont plus à choisir entre des produits de qualité moyenne provenant de sources durables et des produits de haute qualité ayant un impact environnemental important. Même s’il n’est pas immédiatement évident que les meubles et l’ameublement proviennent et sont fabriqués de manière durable, c’est un domaine dans lequel elles peuvent vraiment refléter leurs valeurs de leur marque ».

Chez Innocent Drinks, les bureaux, tout comme les cartons de boissons, sont certifiés par le Forest Stewardship Council (FSC).

Ailleurs, les filets de pêche mis au rebut, par exemple, sont utilisés pour créer toute une gamme de produits allant des revêtements de sol aux chaises de bureau, tandis que le bois récupéré peut être utilisé dans les bureaux et que les bouteilles en plastique connaissent une seconde vie en tant que tables ou housses de coussins.

Et pour les entreprises qui ne veulent pas gérer le processus d’achat et d’élimination de leur propre mobilier, il existe un marché en pleine expansion de la location de mobilier de bureau, auquel IKEA a récemment adhéré dans le cadre de sa campagne en faveur de biens pouvant être réparés, réutilisés, recyclés ou revendus.

« En louant des meubles, les entreprises laissent la responsabilité du produit au fabricant, c’est donc à lui de concevoir des articles de bonne qualité qui peuvent être réutilisés », explique Aleksandra Smith-Kozlowska.

 

La croissance de l’espace flexible repense le design

L’essor des bureaux flexibles, qui permettent aux entreprises d’augmenter ou réduire leur capacité rapidement, offre également des possibilités de gérer leurs déchets.

« Les systèmes modulaires permettent de reconfigurer l’espace de bureau pour répondre aux besoins changeants d’une entreprise », explique Stuart Finnie. « De plus, les cloisons peuvent facilement être déplacées d’un bureau à l’autre et réutilisées dans d’autres aménagements ».

Pourtant, pour certaines entreprises qui s’efforcent de s’adapter à l’évolution rapide du lieu de travail, comprendre comment intégrer une réflexion et des pratiques durables peut être une tâche difficile.

Selon Egle Sakalauskaite, Consultante Senior en Développement Durable chez JLL UK, de nombreuses entreprises estiment que l’économie circulaire est trop compliquée. « Bien que repenser les modèles économiques soit une tâche complexe, elle peut être décomposée en mesures concrètes que toutes les entreprises peuvent prendre. L’essentiel étant d’insuffler un changement de mentalité », dit-elle.

Selon elle, les entreprises devront commencer à prendre en compte la durée de vie des produits et l’utilisation de l’espace dès la phase de conception. Ainsi, elles pourront dès de départ tenir compte dans leurs plans et leurs calculs de coûts de la manière exacte dont les matériaux et le mobilier peuvent être recyclés.

Des lignes directrices et une législation visant à aider les entreprises à concevoir à partir de leurs déchets (une mesure que le gouvernement britannique envisage de prendre) pourraient faire la différence en encourageant davantage d’entreprises à adopter une conception durable des bureaux, explique Mme Aleksandra Smith-Kozlowska.

Une technologie toujours plus sophistiquée pourrait également contribuer à rendre les produits durables plus abordables et tout comme la demande croissante du public pour que les entreprises soient responsables sur le plan environnemental.

« Il y a toujours des améliorations à apporter en matière d’aménagement durable des bureaux », déclare Stuart Finnie. « Les entreprises ont le dernier mot sur les décisions relatives à l’aménagement des lieux de travail, mais il est nécessaire d’insuffler une dynamique autour de l’utilisation de produits et de matériaux plus écologiques parmi les fabricants et le grand public ».

 

 

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